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Voie classique: Chris Bonington, Yan Clough, Jan Duglosz, Don Whillans 27-29 août 1961
L'activité dans le massif du Mont Blanc se calme et les conditions estivales se poursuivent. Nous voulions aller au pilier central du Frêney depuis pas mal de temps, mais il est difficile de se libérer durant l'été. Les températures de cette fin septembre semblent rendre le projet réalisable même pour un début octobre. Enfin, il faut bien profiter du peu d'avantage que génère le réchauffement de la planète! Nous décidons de prendre un duvet -30 si nous devions bivouaquer, tant pis le sac sera un lourd mais nous ne voulons pas nous mettre la pression.
N'ayant rien de spécial à faire ce soir là, je décide de monter à Monzino pour la nuit, un vrai plaisir de monter sous la lumière de la lune. Enfin, je renoue avec l'essence de la montagne qui fait parfois défaut... Vincent et Julien me rejoindront le matin pour monter à Eccles. Le temps est stable même si météo chamonix annonce du vent et des nuages. Un de nos amis du PGHM appelle Vincent pour nous mettre en garde sur des conditions incertaines pour le lendemain, mais arrivant à Eccles nous reprenons la météo, et là la météo est nettement meilleure! Au bivouaque Eccles, une cordée d'allemand avec qui j'avais déjà sympathisée à Monzino nous attend. Nous décidons de mettre le réveil à 4h (3h peur eux) et de partir après eux, car ils n'ont que le minimum bivouaquer. Nous décidons de monter sur la pointe Eccles pour rejoindre le col du même nom. La manoeuvre semble avoir été judicieuse, car bien qu'étant parti une heure après nos amis allemands, ils se trouvent encore au petit jour dans les rappels permettant de prendre pied sur glacier du Frêney. La rimaye, que nous craignions, semble passer plutôt bien, à voir nos amis allemands.
Le poids des sacs et l'altitude se font sentir mais le soleil et la joie de nous retrouver là entre pote, nous font progresser jusqu'à la chandelle dans la bonne humeur. Nous avons encore quelques heures de jour pour passer la "chandelle" même si le soleil est déjà passé derrière l'arête du brouillard. Le froid dans les chaussons rendent l'escalade inconfortable. Nous sortons ces six longueurs avant la tombée de la nuit. Au sommet nous sommes vraiment content de pouvoir rajouter toutes les couches que nous avions dans le sac et surtout de remettre les grosses. Lorsque nous sortons sur l'arête du brouillard, nous n'avons plus qu'à suivre les traces dans la neige encore fraîche de la cordée qui nous précédait et dont nous apercevons les lampes proches du Mont Blanc lorsque nous passons sous les rochers du Mont Blanc de Courmayeur. Le sommet du Mont Blanc n'est plus très loin, mais la descente des trois Mont Blanc nous demandera encore pas mal d'énergie avant de rejoindre le refuge des Cosmiques où nous prenons une bière bien méritée au côté des alpinistes étonnés qui prennent le petit déjeuné, eux.
Vincent Caty, Julien Godin, Stéphane Sevino
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